espèce emblématique
 Le peuplier noir

Il est encore fréquent d'observer sur les bords de la Loire les silhouettes imposantes de quelques Peupliers noirs dont certains individus plus que centenaires, au tronc massif et tortueux, offrent au fleuve ses paysages si caractéristiques.
En pionnier il colonise les grèves et bancs de sable humides abandonnés par l'eau durant l'été, en compagnie d'autres essences de bois tendre, comme les saules. On pourra parfois compter plusieurs centaines de semis par mètre carré, aujourd'hui favorisés par l'enrichissement des eaux en éléments minéraux. Les premières crues (ou les castors) auront généralement raison de ces jeunes pousses, mais certaines subsisteront et entameront alors la lente colonisation du sable par la végétation.
S'il est de plus en plus fréquent de voir des peupliers noirs dans le lit de la Loire, à la faveur de l'enfoncement du lit et donc de la libération de grands espaces de sables colonisables, les grands peupliers noirs se font de plus en plus rares. Ils sont victimes de la déconnection de leur système racinaire dû à l'abaissement de la nappe alluviale, de leur remplacement par des peupleraies cultivées mais également de leur hybridation avec les nombreux cultivars exotiques (clones hybrides utilisés pour la production de bois ou de papier). Pour sauvegarder le Peuplier noir, un programme national de conservation des ressources génétiques est en cours, piloté par l'INRA d'Orléans.